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EN Theme
  • Note du traducteur
  • PRÉFACE
  • AVANT-PROPOS À LA TROISIÈME ÉDITION DE « VISAGES DE L'ISLAM »
  • À propos de cette édition
  • Quelques opinions sur la 1ʳᵉ édition de VISAGES DE L'ISLAM
  • PRÉFACE À LA PREMIÈRE ÉDITION
  • AVANT-PROPOS À LA SECONDE ÉDITION
  • CHAPITRE I
    • Coup d'œil sur le monde de l'Islam
  • CHAPITRE II
    • Aperçu de la doctrine de l'Islam
  • CHAPITRE III
    • L'expansion de l'Islam
  • CHAPITRE IV
    • Rapports de l'Orient musulman avec l'Occident chrétien
  • CHAPITRE V
    • Débuts de la civilisation musulmane
  • CHAPITRE VI
    • L'Apogée de la civilisation musulmane
    • Le khalifat abbasside de Bagdad
    • Al-Andalus
  • CHAPITRE VII
    • L'apport de la civilisation musulmane aux sciences
    • École de Bagdad
    • Astronomie
    • Mathématiques
    • Physique et chimie
    • Sciences naturelles — Médecine
    • Géographie
    • Histoire
    • Sciences politiques et sociologie
    • Le Droit
  • CHAPITRE VIII
    • L'apport de la civilisation musulmane à la Philosophie
    • Les Mu'tazilites ou rationalistes de l'Islam
    • Les Mûtekallimines ou orthodoxes de l'Islam
    • Les Philosophes
    • Ibn Sînâ (Avicenne)
    • Ibn Rûchd
    • L'imam Ghazâli
  • CHAPITRE IX
    • Les voies de pénétration de la civilisation musulmane en Occident
  • CHAPITRE X
    • La poésie arabe
  • Al-Mûtanabbi
  • Al-Maarri
  • Poésie lyrique
  • CHAPITRE XI
    • La poésie persane
    • Firdûsi : le Paradisiaque
    • Omar Khayyam
    • La poésie mystique persane
    • Sâdi
    • Djelal ed-Dîne Rûmi
    • Nizâmi
    • Hâfiz
  • CHAPITRE XII
    • La littérature turque
    • Newa'i
    • Fûzûli
  • CHAPITRE XIII
    • Aperçu de l'art musulman
    • La Musique
  • CHAPITRE XIV
    • Grandeur et servitude des Etats issus de l'Empire de l'Islam
  • CHAPITRE XV
    • Les causes de la décadence de la civilisation musulmane
  • CHAPITRE XVI
    • Mouvement de rénovation
  • CHAPITRE XVII
    • Les Pays de l'Islam après la Deuxième Guerre Mondiale
  • CHAPITRE XVIII
    • Conclusion
  • INDEX DES NOMS
  • TABLE DES MATIÈRES
    • CHAPITRE PREMIER
    • CHAPITRE II
    • CHAPITRE III
    • CHAPITRE IV
    • CHAPITRE V
    • CHAPITRE VI
    • CHAPITRE VII
    • CHAPITRE VIII
    • CHAPITRE IX
    • CHAPITRE X
    • CHAPITRE XI
    • CHAPITRE XII
    • CHAPITRE XIII
    • CHAPITRE XIV
    • CHAPITRE XV
    • CHAPITRE XVI
    • CHAPITRE XVII
    • CHAPITRE XVIII
  • L'IDÉE DE LA MÉTHODE DES SCIENCES

Al-Andalus

Les Arabes appelaient du nom d'« Andalus » toutes les contrées de l'Espagne qui furent soumises aux Musulmans.

La conquête de ce pays fut effectuée à la fin du premier siècle de l'Hégire, ce qui correspond du VIIIᵉ siècle de l'ère chrétienne.

C'est en 711, que le célèbre Tarik, à Gibraltar (Djebel Tarik), traversait le détroit sur l'ordre de Mussa ibn Nûsaïr, commandant des troupes musulmanes en Afrique du Nord, et envahissait la péninsule à la tête de Berbères.

Quelques mois suffirent aux Musulmans pour assurer leur domination. Elle devait durer huit siècles. La bataille de la plaine de Guadalite, près de Xérès, scella le sort de l'Espagne des Wisigoths.

Le roi Roderic y perdit son royaume et la vie.

Cet effondrement vertigineux d'un royaume qui sut unifier et gouverner l'Espagne, de 410 à 711, s'explique beaucoup plus par les vices intérieurs qui minaient l'État wisigoth que par la supériorité militaire des conquérants.

À la veille de l'invasion musulmane, les assises du royaume étaient déjà profondément ébranlées.

Le clergé et la noblesse militaire avaient accaparé le sol. Ils partageaient le pouvoir avec un nombreux personnel ecclésiastique, qui gouvernait les provinces et les villes. La classe des petits propriétaires avait presque disparu et la condition du serf était encore plus misérable que sous l'empire romain.

Les Juifs, très nombreux à cette époque dans la péninsule, étaient assujettis à de terribles persécutions. Les populations indigènes considérables, ariennes ou sectaires, en milieu une opposition irrémédiable, partageaient leur haine contre la tyrannie religieuse et fiscale des grands.

D'autre part, l'opulence, les luxe et le relâchement dans les mœurs de la classe dirigeante avaient affaibli les facultés de résistance de l'État.

« Laïques et clercs entretenaient de véritables harems de concubines, en dépit de toutes les censures ecclésiastiques. C'était encore de la polygamie musulmane, mais c'était quelque chose qui y ressemblait fort. Ibn Andari nous raconte que lorsque Mûssa revint d'Espagne, il fut interrogé curieusement par celui qui l'avait frappé en ce pays.

« L'efféminations des princes » répondit l'austère musulman. L'Espagne sous les derniers Wisigoths était mûre pour l'invasion étrangère. »✻

La faiblesse générale du royaume wisigoth, les compétitions des grands, la complicité des Juifs et d'autres éléments mécontents, la passivité de la paysannerie, qui n'avait aucune raison de défendre ses oppresseurs, servirent grandement les conquérants.

Des circonstances fortuites les aidèrent aussi. Le passage clandestin du détroit de Gibraltar put s'effectuer grâce à

la complicité du comte Julien, gouverneur wisigoth de Ceuta, qui vengeait ainsi sa fille, la belle Florinde, séduite et outragée par le roi Roderic.

La défection de l'archevêque de Séville fut décisive pour l'issue de la bataille de Xérès.

Comme dans tous les pays que les Arabes conquirent, ils conservèrent aux vaincus leurs biens personnels, leurs églises, leurs juges, leurs collecteurs d'impôts.

Une redevance foncière modique, un tribut annuel d'un dinar pour chaque noble et d'un demi dinar pour chaque serf, parurent très légers à la population après l'oppression wisigothe.

La soumission se fit sans résistance. Seuls les grands propriétaires terriens cherchèrent à s'opposer aux Arabes. Cette opposition fut vite étouffée. En deux années, toute trace de résistance effacée, le pays était entièrement soumis.

Les troupes arabes qui conquirent l'Espagne étaient composées en majeure partie de Berbères du Maroc. Les armées qui occupèrent ensuite d'Africains fut, au contraire, mais jamais elle ne submergea le pays et les autochtones n'y formèrent que la masse écrasante.

Les émigrés constituèrent l'essentiel de l'aristocratie et de la bourgeoisie des villes, l'élément intellectuel et politique de l'invasion.

Le brassage ethnique entre les Arabo-Berbères et la population primitive de la péninsule commença dès le premier siècle de la conquête. Les mariages mixtes furent fort répandus.

L'exemple était donné d'en haut, dès le début de la domination arabe, par l'union d'Egliome, veuve du dernier roi wisigoth Roderic avec le fils de Mûssa ibn Nusaïr Abd al-Aziz, général en chef des armées de l'Islam, et les nombreux mariages d'autres représentants de l'aristocratie musulmane avec des Chrétiennes.

Ces alliances prirent plus tard, désirées du caractère général, lorsque les Chrétiens et les Juifs, désireux d'échapper à l'état des tributaires et voulant accéder à des conditions sociales égales à celles des conquérants, se convertirent en masse à la foi musulmane.

L'attitude des Arabes à l'égard de ceux qui restèrent fidèles à leur ancienne religion fut, d'ailleurs, empreinte d'une douceur tout à fait inconnue de l'Europe à cette époque.

« Jamais, dit Ernest Renan, conquérants ne poussèrent plus loin que les Arabes la tolérance et la modération envers les vaincus. »✻

Cette mansuétude correspondait au surplus aux intérêts politiques de l'Espagne musulmane.

Le grand Abd ar-Rahman III eut pour aïeule la princesse Dona Iniga, le régent al-Mansûr épousa une fille du roi Sancho II de Navarre et, en souvenir de son père, fit appeler le fils issu de cet union d'un roman familier de Sanchuelo. Le roi Alphonse VI de Castille avait épousé une princesse musulmane du nom de Zahida.

« La majorité de sa population avait, au moins au premier siècle, conservé l'ancienne religion officielle de l'État musulmane ; plus tard, malgré les conversions massives, une proportion considérable de sujets chrétiens formait dans les villes andalouses des communautés florissantes… Les persécutions dont ces communautés eurent à souffrir, dit M. Lévi-Provençal, furent toujours provoquées par des Chrétiens exaltés, qui refusaient de rétracter les insultes des maîtres du pays et des leurs ; ces propres correligionnaires, prêtres ou laïcs, désapprouvaient hautement. L'émir ou le khalife homologuaient le plus souvent le choix des dignitaires ecclésiastiques, métropolitain de Tolède et évêque de Cordoue ; ils utilisaient même à l'occasion des prélats pour des ambassades aux missions étrangères confidentielles. Il n'était point rare de voir des clercs espagnols s'initier à la langue arabe et à sa littérature, ce qui laisse supposer entre les divers éléments de la population un certain accord, confiant et continu. À cet égard, nous possédons même un témoignage contemporain dont on ne saurait suspecter la valeur, car il émane de l'un des plus zélés champions de la réaction anti-musulmane dans la péninsule, du IXᵉ siècle, le Cordouan Alvaro.

Tout en déplorant la tiédeur des Chrétiens d'Espagne et leur ignorance du latin, il rend un hommage singulier à la culture islamo-hispanique dans son ouvrage Indiculus luminosus :

« Mes correligionnaires aiment à lire les poèmes et les œuvres d'imagination des Arabes ; ils étudient les écrits des théologiens, non pour les réfuter, mais pour se former une diction arabe correcte et élégante… Tous les jeunes Chrétiens qui se font remarquer par leur talent ne connaissent que la langue et la littérature arabe ; ils lisent et étudient avec la plus grande ardeur les livres arabes ; ils s'en font à grands frais d'immenses bibliothèques et proclament partout que cette littérature est admirable.

Quelle douleur ! On a presque oublié notre langue ; à peine sur mille de nos correligionnaires en trouverait-on un seul qui sache écrire convenablement une lettre en latin à un ami ! Mais s'il s'agit d'écrire en arabe, vous trouverez une foule de personnes qui s'expriment conve-

nablement dans cette langue avec la plus grande élégance et vous verrez qu'elles composent des poèmes préférables, sur le point de vue de l'art, à ceux des Arabes eux-mêmes. »✻

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La civilisation de l'Espagne musulmane se développa parallèlement à celle du khalifat de Bagdad. Les liens politiques entre l'Occident et l'Orient furent, en effet, rompus de bonne heure. L'« Andalus » ne resta dépendant de Damas que quarante-cinq ans.

La scission eut lieu à la révolution abbasside. L'Espagne n'avait pas accepté la chute des Omeyades. L'avènement d'Abd ar-Rahman Iᵉʳ, petit-fils du khalife Hicham, qui sut échapper aux persécutions des Abbassides et conquit du coup le trône de Cordoue en 756, marque l'indépendance de l'Andalus.

L'œuvre de civilisation arabe en Espagne fut rapide, profonde et durable. En peu d'un siècle, les Arabes avaient défriché les campagnes incultes, fondé les villes prospères, créé des monuments magnifiques, établi des relations commerciales avec tous les peuples.

Les produits des mines, les manufactures d'armes, de soie, de drap, de maroquin, de sucre étaient expédiés dans toute l'Afrique et le Levant.

Les travaux publics revêtirent l'importance de ceux des Romains : routes, ponts, hôtelleries pour les voyageurs, hôpitaux, mosquées se multipliaient partout. »

L'agriculture fut l'objet des soins particuliers des Arabes. « Elle fut étudiée par eux, écrit de Sismondi, avec cette connaissance parfaite du climat, du terrain et de l'accroissement des plantes et des animaux qui peut seule résulter d'une longue pratique en raison. Aussi aucune nation civilisée de l'Europe, de l'Asie ou de l'Afrique, antique ou moderne, n'a-t-elle possédé un peuple plus pacifique, plus sage, plus actif, plus laborieux que celui des Arabes d'Espagne ; aucun pays n'a été élevé par ses goûts, l'intelligence et l'activité de ses habitants à un plus haut degré de prospérité agricole que l'Espagne Maure et surtout le royaume de Grenade. »✻

Dans la Huesta de Valence et la Vega de Grenade, on peut voir, encore de nos jours, les vestiges de l'ingénieux système de canaux et de ponts en aqueducs qui porta au plus haut degré de fertilité des régions du sud et de l'est de l'Espagne.

Avec le climat béni de l'Andalousie, par de tels procédés, on obtenait trois récoltes par an.

Les Arabes furent les premiers à introduire en Espagne la culture du riz, du mûrier, du bananier, du pistachier, du palmier, de la canne à sucre. Ils apportèrent au pays des fleurs et des légumes inconnus, qui se répandirent plus tard dans toute l'Europe, telle la camélia, la rose du Liban, l'asperge, etc.

« La majorité des noms des fleurs cultivées, dit M. Lévi-Provençal, témoigne encore, en espagnol, d'un emprunt direct à l'arabe, qui les avait lui-même empruntés au persan ; même plusieurs de noms, par delà les Pyrénées, sont passés dans le vocabulaire français, tels : l'abricot, l'azérole, le jasmin, le coton, le safran, etc… »

L'industrie et le commerce connurent un essor remarquable.

Les mines délaissées des époques phénicienne et romaine furent exploitées à nouveau ; d'autres mines, découvertes par les Arabes, s'y ajoutèrent. Celles de mercure près d'Almaden, de rubis près de Malaga et de Béja des Camérès acquirent une « célébrité méritée ».

On pêchait des perles sur les côtes de Catalogne, du corail sur celles de l'Andalousie.

Les améliorations furent apportées au tannage du cuir, au tissage du coton, du lin et du chanvre.

La renommée des maroquins, des harnais et des selles de Cordoue, des soies de Grenade, des lames de Tolède se répandit en Asie et en Europe.

Les Juifs et les Maures, qui s'adonnaient spécialement au commerce, portèrent, sur les côtes de l'Afrique et dans les pays du Levant, des huiles, du sucre, de la cochenille, de l'ambre gris, du cristal de roche, du soufre, du mercure, du safran, du gingembre, etc.

Les Arabes introduisirent les lettres de change, et d'une façon générale, la technique bancaire, dont l'invention était attribuée aux Lombards, furent déjà largement pratiquées par les commerçants de l'Espagne arabe.

L'Espagne de l'époque musulmane était un pays très peuplé.

Selon les historiens arabes, il y avait en Andalousie, du temps d'Abd ar-Rahman, quatre-vingts grandes villes, trois cents de second et de troisième ordre ; les villages et les hameaux étaient très nombreux. Rien que sur les bords du Guadalquivir l'on en comptait douze mille ; un voyageur trouvait sur sa route, dans la même journée, tous ces autres villes et ne pouvait marcher, durant un quart d'heure, sans rencontrer quelque village…

« Les revenus du royaume, dit M. Cardonne, se montaient à douze millions quarante-cinq mille dinars en espèces, ce qui fait plus de cent-trente millions de notre monnaie. Il y avait, outre cela, une grande quantité d'impôts que l'on payait en fruits de la terre. Il serait impossible d'évaluer à quoi se montaient les taxes que l'on percevait sur les arts ; mais il est certain, que celles-ci devaient être considérables chez un peuple cultivateur, laborieux et nombreux et qui avait porté l'agriculture à un haut point de perfection. Le commerce que les Arabes d'Espagne faisaient avec les autres peuples contribuait encore à augmenter leurs richesses. »✻

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Cet essor prodigieux de l'Espagne musulmane explique son incontestable suzeraineté — l'expression est de M. Lévi-Provençal — sur l'Espagne chrétienne et les pays environnants. Ainsi la France du Moyen Âge, devait subir les contre-coups de la civilisation musulmane. On sait que la plupart des mots français qui dérivent de l'arabe sont entrés dans la langue par l'intermédiaire de l'espagnol. Mais il est problématique de même que beaucoup des influences que la France put recevoir de l'Islam avant les Croisades en jusqu'ici à des emprunts, parfois ou détournés, dont la France du Moyen Âge fut redevable à l'Andalousie musulmane.

« Il est particulièrement intéressant de noter que le rayonnement de la culture musulmane sur les terres chrétiennes n'atteignit pas son point culminant au Xᵉ siècle où il devait s'affaiblir ensuite. Bien au contraire, jusqu'au XVᵉ, en étendant ses antennes sur toutes les parties de la Péninsule Ibérique.

« Les rois de Castille, et sans doute aussi les rois d'Aragon, ne firent rien pour s'écarter de leurs propres territoires ; ils les favorisèrent encore en adoptant, pour eux-mêmes et pour le cérémonial du palais, maintes innovations directement puisées à la civilisation voisine. C'est un fait connu que les souverains chrétiens ont fait battre au Moyen Âge des monnaies à la légende à la fois arabe et castillane. Et l'on a signalé qu'à la fin de sa vie, alors que les rois d'Aragon, en faisait son maître résidant à Valence, le Cid ne demeura pas insensible aux attraits de la civilisation musulmane andalouse ; il s'arabisa visiblement de la vie seigneuriale et citadine qu'il menait désormais, et les nombreuses expéditions conduites pour le compte de princes musulmans ou contre eux.

» Le cas de Ferdinand III n'est pas moins curieux, ni celui d'Alphonse le Savant. Mais déjà, bien longtemps avant, un musulman cordouan qui s'établit à Tudèle disait son étonnement d'une entrevue qu'il avait eue avec son hôte Sancho de Castille, mort en 1017. Arrivé dans sa tente, racontait-il à l'historien Ibn Haïyan, nous le trouvâmes assis sur une estrade garnie de matelas, et vêtu à la manière musulmane ; il avait seulement la tête découverte. « Tous ces infatigables champions de la reconquête, qui combattaient pour leur patrie et pour leur foi, n'en admiraient pas moins, on le voit, des Arabes leurs ennemis politiques héréditaires. Ils reconnaissaient tout ce que leur propre pays devait à la culture de ces étrangers qu'ils voulaient chasser de leur sol. »✻

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Aucun doute n'est possible. Tous les témoignages historiques concordent pour l'affirmer : sous la domination musulmane, l'Espagne atteignit un degré de richesse qu'elle ne connut ni avant l'invasion des Arabes, ni après leur expulsion.

Cependant ce qui caractérise la civilisation de l'Andalus, ce n'est pas sa prospérité matérielle, c'est son activité intense dans tous les domaines de l'esprit, des sciences, de la littérature et des arts.

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Depuis quelque temps l'Occident a rompu la cabale de silence dont furent victimes les historiens indépendants qui voulurent rendre justice à l'apport de la civilisation musulmane à l'humanité, tels que Simonde de Sismondi, Sédillot, Gustave Le Bon. Aucun orientaliste sérieux ne peut plus nier cet apport. Mais tout en reconnaissant le rôle intermédiaire de l'Islam dans la transmission de la civilisation antique à l'Occident, certains orientalistes se montrent réticents à reconnaître le caractère créateur des Musulmans. Il est cependant impossible, à la lumière des études récentes, de nier que sans le savoir grâce à été entièrement empruntée par les Arabes et leur contribution rénovatrice, la Renaissance elle-même aurait été difficile à concevoir.

L'exploration scientifique de l'Espagne musulmane effectuée par la nouvelle école orientaliste française, avec le regretté M. Lévi-Provençal en tête et les travaux des historiens espagnols de grande classe comme Asin

Palacios, Sanchez-Albornoz, Gomez Moreno, Emil Garcia Gomez, apportent à cette thèse une confirmation éclatante.

« Certes il n'est plus question aujourd'hui des « ténèbres » du Moyen Âge, écrit Cl. Sanchez-Albornoz, mais, à une Europe qui végétait malheureuse et déchue, il faut bien opposer la civilisation magnifique de l'Espagne musulmane. Les maîtres des études arabes des études musulmanes ont ouvert des horizons nouveaux sur la portée, la profondeur, l'éclat de cette culture hispano-moresque. Ils ont revendiqué pour elle une place décisive dans la formation de la philosophie, de la science, de la poésie, de toute la culture de l'Europe chrétienne. Ils ont démontré que son mode d'influence s'étendit jusqu'aux cimes de la pensée médiévale, jusqu'à Saint-Thomas et Dante. Sans doute, de chaque côté des Pyrénées et de la Méditerranée, beaucoup demeurent répugnent encore à admettre cette primauté et ce rôle éducateur. Des preuves plus que suffisantes l'affirment pourtant dès aujourd'hui, et chaque jour il en surgira de nouvelles. Plusieurs siècles avant que la Renaissance fît jaillir à Cordoue, conservait et transmettait au monde nouveau l'essence de la pensée antique. »✻

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La maison des Oméyades d'Espagne eut la chance de produire une lignée de souverains remarquables. Leur action personnelle fut certainement un des facteurs déterminants de la grandeur de l'Andalus.

Abd ar-Rahman Iᵉʳ, fondateur de la dynastie, était un souverain de mérite exceptionnel.

« L'on peut dire, observe M. Cardonne, en brossant son portrait, que, s'il dut quelque chose à la fortune qui lui fraya le chemin du trône, son habileté et sa prudence dans le gouvernement, sa capacité dans la conduite des armées et sa promptitude à dissiper les révoltes l'y maintiennent malgré les efforts redoublés des khalifes de l'Orient qui voulaient l'en précipiter. Il était adroit à toutes sortes d'exercices, surtout à ceux qui exigeaient le maniement des armes. Il était aussi intrépide au danger, infatigable au travail, faisant tout par lui-même et ne confiait à personne l'exécution des projets qu'il avait formés. Il joignait à toutes ces qualités une éloquence douce et insinuante à laquelle personne ne pouvait résister. Les sciences fleurirent sous son règne. Le prince les cultivait lui-même. »✻

Le goût pour le luxe et la magnificence s'alliait, chez lui, à une exquise délicatesse de sentiments et à un grand esprit d'équité, qui lui valurent le surnom de Juste.

Voici une de ses poésies, qu'il aimait à réciter, assis à l'ombre d'un palmier du désert qu'il avait fait transplanter dans les jardins de Cordoue. La nostalgie du pays natal y est exprimée avec des accents qui ne manquent ni de naturel, ni de touchante sensibilité.

« Beau palmier, tu es comme moi étranger en ces lieux, mais les vents de l'ouest caressent mollement tes rameaux, tes racines trouvent un sol fécond, et ta tête s'étale au milieu d'un air pur. Ah ! comme moi tu verserais des larmes, si tu pouvais ressentir les soucis qui me dévorent. Tu n'as rien à craindre de la mauvaise fortune, mais moi je suis toujours exposé à ses atteintes. Quand le sort cruel et la fureur d'al-Abbas me bannirent des bords de l'Euphrate ; ni les palmiers, ni le fleuve n'ont conservé la mémoire de mes douleurs. Toi, beau palmier, tu ne regrettes point la patrie. »

Dès son installation à Cordoue, Abd ar-Rahman s'efforça de donner à sa capitale l'aspect et l'envergure de la métropole syrienne où vivaient ses ancêtres.

À la porte de l'ancienne ville, un nouveau quartier se peupla de palais magnifiques. Le nom de Rusafa, évocateur des souvenirs de la résidence fastueuse des khalifes de Damas, fut donné à ce quartier aristocratique.

En 786, Abd ar-Rahman commença la construction de la Grande Mosquée de Cordoue. Elle devait être achevée sous le règne de Hicham.

C'est un des plus beaux monuments d'art que possède l'Espagne.

Abd ar-Rahman voulut que la mosquée fût semblable à celle de Damas, mais encore plus grandiose et plus belle. Il y réussit pleinement.

« Cette superbe mosquée, raconte M. Cardonne, l'emportait par sa grandeur sur toutes celles de l'Orient. Elle était longue de six cents pieds, large de deux cent cinquante ; on en comptait vingt-neuf nefs dans la longueur et dix-neuf dans la largeur. Ces nefs étaient soutenues par mille quatre vingt-trois colonnes de marbre. On entrait dans le temple par vingt quatre portes revêtues de bronze, d'une travail admirable. La porte principale était au-dessus du dôme le plus élevé, trois boules d'or surmontées d'une grenade et d'une fleur de lys, étaient de la même matière. Quatre mille sept cent lampes éclairaient toutes les nuits de la mosquée et consommaient, par année, près de vingt mille livres d'huile.

Il fallait aussi, chaque année, soixante livres de bois d'aloès et soixante livres d'ambre gris pour les parfums. »

Il est difficile de se faire une idée de ce que fut à cette époque la capitale des Omeyades, lorsqu'on en juge par l'état actuel de Cordoue.

« Lorsque Cordoue entra dans la chrétienté, après lui avoir été soustraite pendant à peu près cinq cents ans, écrit M. Lévi-Provençal, ce fut pour cette ville le début d'une longue période de décadence, où les monuments de l'époque musulmane tombèrent en ruines ou furent démolis pour faire place à de nouvelles bâtisses dans des styles nouveaux. Seule la grande mosquée, devenue cathédrale sous l'invocation de l'Assomption de la Vierge et le nom de Sainte Marie Majeure, gagna à cette consécration de ne point trop souffrir des atteintes du temps, ni surtout de celles des hommes. Encore son aspect grandiose fut-il défiguré, lorsque le chapitre de la cathédrale décida en 1523, malgré l'opposition du conseil municipal de la ville, de bâtir dans la partie centrale le grand chœur et la capella major…

Lorsque Charles-Quint vit la transformation, il s'écria : « Si j'avais su ce que vous vouliez faire, vous ne l'auriez pas fait, car votre œuvre est de celles qu'on peut trouver partout, mais ce que vous aviez auparavant n'existe nulle part au monde. »

Si le récit est exact, il faut regretter que l'Empereur n'ait pas eu le même sentiment pour l'Alhambra, dont il mutila une partie pour bâtir une lourde construction.

✦

Les années qui s'étendent de 912 à 976 sont considérées comme l'âge d'or de l'Andalus et l'apogée de la puissance des Omeyades.

Sous le long règne d'Abd ar-Rahman III et sous celui de son fils al-Hakkam II, l'Espagne connaît une période prolongée de stabilité et de paix intérieure. C'est probablement, l'État le plus puissant et le plus civilisé de l'Occident. Cordoue est la capitale la plus brillante et la plus populeuse de l'Europe.

Les sciences, les lettres et les arts connaissent alors une floraison remarquable. Les palais, les écoles, les observatoires et les bibliothèques se multiplient.

Selon les auteurs arabes, il y eut, à cette époque, en Andalus, soixante-dix bibliothèques publiques ; celle du khalifal al-Hakkam, à Cordoue comptait quatre cent mille volumes, dont quarante-quatre pour le catalogue seulement.

Ce khalife qui fut, comme son père, sage, habile, plein d'équité, mais moins guerrier et moins avide de conquêtes… partageait son temps

entre les affaires de l'État et l'étude des sciences pour lesquelles il avait un goût décidé.

« Pour satisfaire l'envie qu'il avait d'éclairer son esprit et de l'orner des connaissances les plus relevées, il avait fait venir à grands frais, de différents pays, un grand nombre de livres, les plus rares et les plus utiles. »✻

La construction de la célèbre Médinat az-Zahra », Versailles des Omeyades, date du règne d'Abd ar-Rahman An Nasir. Il la fit construire en l'honneur de sa favorite qui portait le nom de Zahra. C'était un véritable chef-d'œuvre d'architecture musulmane ; il n'en reste malheureusement rien aujourd'hui.

« Ce qui faisait l'ornement de Zahra, raconte M. Cardonne, c'était le palais du Khalife. Un habile architecte de Constantinople, séjour alors des sciences et des beaux-arts. L'on comptait dans ce palais quatorze colonnes de marbre d'Afrique et d'Espagne, dix-neuf de marbre d'Italie. L'empereur grec en avait envoyé cent quarante d'un marbre d'une beauté surprenante. Le salon, nommé salon du khalife, était d'une richesse infinie ; les murailles étaient revêtues de marbres et beau style et des ornements en or. Au milieu de ce salon s'élevait un bassin de marbre, entouré de différentes figures de quadrupèdes et d'oiseaux, qui jetaient de l'eau. Toutes ces figures d'or et et étaient enrichies de perles et de toutes sortes de pierres précieuses. Les marbres du bassin avaient été apportés à Constantinople et les figures faites par les chefs-d'œuvre des plus habiles artistes de cette capitale. Au-dessus était suspendue la fameuse perle que l'Empereur Léon avait envoyée à Abd ar-Rahman. Les autres appartements de palais n'étaient pas moins superbes et portaient l'empreinte du goût et de la magnificence qui étaient naturels à Abd ar-Rahman. La partie la plus retirée était destinée pour les femmes, les concubines, les esclaves et les eunuques noirs qui, au nombre de 6500, composaient le sérail de ce prince. Le reste du palais était pour le khalife, ses eunuques blancs et ses officiers. »

L'écroulement, au début du XIᵉ siècle, de l'édifice majestueux élevé par la dynastie omeyade, n'arrêta nullement l'essor de la vie intellectuelle et artistique. La tradition se perpétua dans les principautés indépendantes qui s'élevèrent sur les ruines du khalifat.

Tous les rois musulmans de Tolède, de Badajoz, de Valence, d'Almería, de Grenade, de Séville auront, autour d'eux des cénacles de poètes, lettrés, artistes, savants, philosophes, médecins, spécialistes des sciences exactes travaillant, dans des conditions matérielles favorables, autour

de princes mécènes éclairés qui trouvent en leur société le meilleur dérivatif à leurs préoccupations quotidiennes dans l'exercice du pouvoir. »✻

Malgré la profonde décadence politique, une vie intellectuelle intense, accompagnée d'une incomparable production de la pensée, durera jusqu'à la destruction de la dernière principauté musulmane, celle de Grenade.

« Ce royaume de Grenade, dont les princes sont presque tous débiles et d'un pouvoir précaire, surtout au XIVᵉ siècle, connaître dans sa capitale et dans ses deux grandes villes, Malaga et Almería, une vie intellectuelle intense. Sous les rois, dans le même temps, comparativement amoureusement de leurs sujets, s'incarneront les incomparables chefs-d'œuvre de l'art hispano-moresque, dont les noms s'évoquent d'eux-mêmes : l'Alhambra, le Généralife. La poésie, qui s'est tant illustrée dans Ibn al-Khatib et la pléiade d'écrivains qui l'entoure, est encore en espagnol d'aucune origine, Abd ar-Rahman Ibn Khaldûn, médite au Maghrib sur les problèmes sociaux qu'il va poser et résoudre dans ses célèbres Prolégomènes. »✻

Aucun monument de l'Espagne musulmane n'est, peut-être, aussi original, aussi représentatif de l'esprit arabo-hispanique, que le célèbre Alhambra de Grenade, qui date du XIVᵉ siècle. Aucun, peut-être, n'a autant charmé la vue et l'imagination des générations qui l'ont admiré et l'admirent toujours. Édifié dans un site d'une rare beauté, aux pieds des cimes majestueuses de la Sierra Nevada, le palais domine la ville et la vallée verdoyante de la Vega.

Nous ne tenterons pas la description de ce joyau d'art. Les mots ne peuvent donner qu'une piètre idée du sortilège que se dégage de ce mythe de ce château des mille et une nuits.

« Il est difficile, dit G. de Prangey, d'exprimer la sensation vraiment unique que l'on éprouve lorsqu'on pénètre dans le patio de l'Alberca dans la cour des Lions ; des galeries décorées d'arcades de toute sorte ; en festons et stalactites, chargées de dentelles en stuc, autrefois peintes et artistique, sous l'effet de toutes parts ; on n'aperçoit qu'une forêt de colonnettes isolées, accouplées, groupées, toujours élégantes et à travers desquelles tincelent des eaux jaillissantes de la fontaine des Lions. »

Cette activité intellectuelle et artistique ne cessera jusqu'au jour où les Arabes seront définitivement éliminés d'Espagne.

On sait que, lorsque Grenade se rendit, le 2 janvier 1492, les rois catholiques Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille acceptèrent, par un traité, d'accorder aux Musulmans le libre exercice de leur religion et de

leur langue. Malgré cet engagement solennel, les persécutions des Arabes et des Mauresques — ainsi appelait-on les Musulmans convertis par force au christianisme — commencèrent environ un siècle.

M. Sédillot et d'autres auteurs dignes de foi estiment à trois millions les victimes de la Sainte Inquisition.

L'ère des persécutions se termina en 1610 par l'expulsion de tous les Arabes en Afrique. Le transfert de plus d'un million d'hommes fut opéré dans des conditions d'une rare cruauté. Le dominicain Bléda raconte qu'on en tua plus des trois quarts en route.

L'opération fut funeste pour l'Espagne, dans la presque totalité de son éclat artistique et industrielle. Durant plusieurs siècles, le pays en ressentit les conséquences ; tout l'or du Pérou et du Mexique, que les conquistadors déversèrent sur la mère patrie, ne réussit pas à combler le vide que ce départ forcé avait provoqué.

Les campagnes florissantes se desséchèrent et tombèrent en friche, les villes se dépeuplèrent, les arts et les métiers périclitèrent. Le pays qui fut à la tête de toutes les nations connut bientôt une décadence profonde.

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Le thème de la civilisation musulmane est trop vaste pour que nous puissions le traiter en détail de nous limiter à quelques tableaux rapidement brossés. Nous avons choisi l'époque du khalifat d'Orient des Abbassides et des Omeyades d'Espagne.

Il est cependant impossible, parlant de la civilisation musulmane, de méconnaître le rôle et l'apport de l'Afrique du Nord des Aglabites, qui portèrent la civilisation arabe en Sicile, l'Égypte des Fatimides, qui succéda, au XIᵉ siècle, au khalifat de Bagdad en décadence, comme centre de la puissance politique et du rayonnement spirituel de l'Islam.

On voit, alors, que tous ceux qui se réclament aux peuples arabes ou arabisés dans la civilisation musulmane. Elle est immense. Personne ne peut leur enlever la gloire d'avoir été les promoteurs de cette civilisation et de l'avoir portée au plus haut degré de son rayonnement. La période de la civilisation islamique se situe, en effet, sous les règnes glorieux de Harûn al-Rachid et d'Al-Mamûn, vers le milieu du IXᵉ siècle, du IXᵉ au XIIᵉ siècle. Bagdad, à cette époque doit son magnifique essor culturel et matériel, du IXᵉ au XIIᵉ siècle, quand les nouveaux musulmans d'al-Andalus attiraient vers elle les esprits d'élite de l'Occident tout entier. Ce sont les Arabes qui portèrent la civilisation de l'Espagne en Septimanie et au Maghrib en Sicile et en Italie du sud.

Cependant l'hommage légitime dû aux Arabes une fois rendu, il serait

contraire à la vérité historique et à l'équité élémentaire de ne pas s'incliner très bas devant l'apport prestigieux à l'œuvre commune de l'Asie centrale, de l'Iran, de la Turquie et de l'Empire Mogol.

Est-il possible d'ignorer de la civilisation musulmane doit à l'époque seldjoukide, dont on peut encore de nos jours admirer les monuments d'art à Konia ; à la renaissance timouride en Asie centrale, au XVᵉ siècle, quand les villes de Samarcand, de Boukhara et de Hérat étaient les centres lumineux de sciences et de lettres ; ou les splendeurs des Safavides (1500-1712) qui jeta un lustre nouveau sur l'histoire de l'antique empire de Perse et ressuscita pour deux siècles la splendeur des temps des Sassanides. Il serait hautement injuste de passer sous silence, comme le font souvent beaucoup d'orientalistes, et non seulement occidentaux, l'importante contribution des Turcs Osmanlis. L'Empire Ottoman perpétua plusieurs siècles non seulement la puissance militaire de l'Empire de l'Islam reconstitué. Il fut aussi, au XVIᵉ siècle en particulier, sous Suleiman le Magnifique, un poète raffiné et un protecteur fastueux des lettres et des arts. Enfin comment ne pas se rappeler du même siècle l'Empire Mogol des Indes donnant au monde le « Tadj Mahal », dont la beauté architecturale n'a jamais été surpassée.

Tous ces États, héritiers et continuateurs de l'œuvre des Abbassides, mériteraient une mention spéciale.

De nombreux penseurs, de savants, de poètes, dont l'apport humain civilisé et son nom liés.

Des plus grands poètes épiques que le monde ait connus, Firdousi, l'immortel auteur du « Shah namé » (Livre des Rois), a vécu, tantôt à la cour et tantôt à la pression du Sultan Mahmûd le Gaznévide, tantôt aux États des Bouyides.

La Perse seldjoukide donna naissance à l'illustre philosophe et théologien Al-Ghazâli, surnommé « Hudjat al Islam » (la preuve de l'Islam) à l'exquis poète et mathématicien Omar Khayyam, dont les quatrains ont connu une si grande fortune en Europe et en Amérique.

Le grand Avicène (Ibn-Sinâ), naquit à Afshana, près de Boukhara, et mourut à Hamadan.

L'époque kwarezmienne a produit les célèbres poètes Nizâmi, Attar, Sâdi, Djelal ed-Dine Rûmi. L'énumération serait longue et fastidieuse.

Dans les chapitres suivants résumant l'apport de la civilisation musulmane dans le domaine de l'esprit et précisant l'influence qu'elle exerça sur l'Occident, nous reviendrons sur quelques-uns de ces noms.

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